Optimisez votre épargne salariale

Grâce à l’épargne salariale, vous pouvez investir votre participation ou votre intéressement dans un plan d’épargne entreprise, orienter votre prime vers un plan d’épargne retraite ou souscrire à un plan d’actionnariat salarié :

Plan d’épargne entreprise (PEE)

Abondement : jusqu’à 3290 euros en 2022

Blocage : 5 ans, sauf cas dérogatoires
Sortie : en capital

Les cotisations permettent souvent d’obtenir un abondement de l’employeur. De quoi doper le rendement des primes de participation et d’intéressement, que ces PEE ont vocation à accueillir, comme de vos versements volontaires. Sachez toutefois que cet abondement ne pourra pas dépasser, en 2022, trois fois votre mise et un montant fixe de 3290 euros, un plafond stable par rapport à l’an passé.

Les sommes versées sont ensuite indisponibles durant cinq ans, sauf cas de déblocage exceptionnel (mariage, achat de résidence principale, etc.). Pour les faire fructifier, et à moins d’envisager sous peu un tel déblocage anticipé, délaissez ceux investis en produits monétaires. Un transfert de votre plan n’est possible qu’après votre départ de l’entreprise (si vous ne choisissez pas de débloquer les fonds), soit vers un PEE ou un PEI du nouvel employeur, soit vers un plan retraite (Perco ou PERe, voir ci-après).

Fiscalité : A l’issue des cinq années de blocage ou en cas de retrait anticipé, les gains sont exonérés d’IR (impôt sur le revenu) mais pas des 17,2% de prélèvements sociaux. Les versements volontaires ne sont pas déductibles du revenu.

Le bon plan de l’actionnariat salarié

© DAMIEN GRENON POUR CAPITAL

(1) En tenant compte des dividendes versés pendant 5 ans et, dans le cas de l’actionnariat salarié, de la décote sur le prix de l’action.

Source : Eres, à partir de 249 opérations d’actionnariat salarié du SBF 120, menées entre 2006 et 2015. 

Actions de l’employeur

Abondement : jusqu’à 5923 euros en 2022
Blocage : selon l’entreprise, de 2 à 10 ans
Sortie : en capital

De nombreuses grandes entreprises proposent à leurs employés de participer à leur capital, via un plan d’actionnariat salarié. Ne vous détournez pas de telles offres car elles constituent, malgré le risque apparent, l’un des meilleurs plans de l’épargne salariale. Comme le montre notre tableau, réalisé par le spécialiste Eres à partir de 245 opérations d’actionnariat salarié réalisées entre 2006 et 2015, les participants à ces campagnes annuelles ont été gagnants dans 93% des cas, après cinq ans et lorsque l’entreprise a versé un abondement de 100%.

La proportion de salariés gagnants est encore de 81%, en considérant que l’entreprise n’a pas versé d’abondement. A comparer avec les chances pour un actionnaire lambda d’être dans le vert, de 75%. Quant au gain potentiel, comme vous le lirez, il varie de 106 à 291% ! Explications de ces performances : en plus de l’abondement (de 300% maximum, plafonné à 5.923 euros en 2022), l’entreprise peut prévoir un rabais sur l’action, compris entre 30% maximum pour un engagement de conservation des actions de cinq ans, et 40% maximum pour un blocage de dix ans.

Fiscalité : Identique à celle d’un PEE.

Perco et PERe

Abondement : jusqu’à 6581 euros en 2022
Durée : jusqu’à la retraite, sauf cas dérogatoires
Sortie : en capital et/ou rente viagère

Le succès des PERe et PERei (pour plan d’épargne retraite entreprise et plan d’épargne retraite interentreprises), nouveaux produits retraite dédiés aux salariés, ne se dément pas. Comme sur les autres enveloppes d’épargne salariale, les versements peuvent bénéficier d’un abondement.

L’autre atout de ces plans, c’est que la gestion pilotée des avoirs y est proposée par défaut, et s’applique déjà à plus d’un tiers des encours. De quoi orienter l’épargne vers les actions, rentables sur le long terme, au lieu des produits monétaires. N’hésitez pas, par ailleurs, à profiter des possibilités accrues de transfert, autorisées depuis 2019 par la loi Pacte. C’est ainsi qu’un PERcol (plan d’épargne retraite d’entreprise collectif, principal type de PERe) pourra être transféré vers le PERcol de votre nouvel employeur, mais aussi vers un plan individuel, le PERin, si ce nouvel employeur ne propose pas d’enveloppe retraite.

Transfert : un transfert de vos avoirs vers le PERin est aussi possible pendant toute la durée de votre présence dans l’entreprise, à raison d’une fois tous les trois ans. En revanche, le transfert d’un PERo (le PERe obligatoire, ou ex-article 83, que certaines catégories de salariés, voire tous les salariés, sont tenues d’abonder) vers un PERe ou un PERin n’est possible qu’au départ de l’entreprise.

Fiscalité : Dans le cas d’un PERe, mais pas d’un Perco, les versements volontaires sont déductibles du revenu dans la limite de 10% de ce revenu et de 32.909 euros pour 2022, ou de 4.114 euros si ce montant est plus favorable. A la sortie, la fiscalité des sommes issues des versements volontaires est identique à celle du PERin. Et, en cas de sortie en capital, le total des sommes issues des versements de l’employeur est exonéré d’impôts, tandis que les gains générés par ces versements ne supportent que les 17,2% de taxes sociales. En cas de sortie en rente (obligatoire pour un PERo), les montants issus des versements de l’employeur sont soumis au barème de l’IR pour une fraction de leur montant, qui dépend de l’âge de son déclenchement (40% entre 60 et 69 ans, et 30% au-delà de 69 ans).