Les solutions d’hébergement pour seniors

A partir d’un certain âge, les seniors se retrouvent confrontés à la perte d’autonomie les contraignants à ne plus pouvoir vivre seuls et à envisager d’autres solutions d’hébergement. Quelles sont les différentes solutions ? Quelle est la plus adaptée à votre situation ? SilverEco.fr vous dit tout !

Les EHPAD

Ce que l’on appelle communément « Maisons de retraite » recouvre en grande majorité les EHPAD, Établissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. Ces EHPAD sont des lieux de résidence médicalisés et habilités à recevoir des personnes en perte d’autonomie.

Ces structures disposent d’une équipe soignante, chargée d’assurer les soins nécessaires aux résidents en fonction de leur situation personnelle. Un médecin assure la coordination et la formation des équipes intervenant auprès des résidents afin de garantir la qualité des soins.

À l’heure où la volonté de chaque établissement est de changer l’image des EHPAD traditionnels et de renvoyer un sentiment plus chaleureux et moderne, la diversification s’impose. Quand certains misent sur le design et l’esthétisme de leurs résidences, d’autres tablent sur les activités proposées, le cadre « humanisé » ou encore sur des services additionnels, comme les nouvelles technologies : bornes interactives, tablettes, blogs de résidents…

Un nombre de places insuffisant en EHPAD

Malgré une offre importante de lits, le nombre de places disponibles en EHPAD reste limité. D’après l’UFC Que choisir, le délai d’attente avoisinerait les 8 mois en moyenne pour les EHPAD publics. Le phénomène démographique et l’augmentation de l’espérance de vie ne font qu’augmenter la demande depuis plusieurs années. Certains départements sont même sous forte tension. Par exemple, les Alpes-Maritimes, la Meurthe-et-Moselle, la Manche, la Mayenne et le Loir-et-Cher totalisent 18% de la demande en France mais ne proposent que 5% de l’offre de lits en EHPAD, selon une étude de Logement-seniors (2017).

EHPAD - Aide soignant - Soin

Repères

• 7 573 établissement publics, privés non lucratifs et privés commerciaux hébergent en France près de 608 000 personnes âgées (10 % des plus de 75 ans et plus d’un tiers des plus de 90 ans).
• En 2017, le prix médian d’une chambre seule en EHPAD s’élevait à 1 953 € par mois (prix calculé sur 6 140 EHPAD), soit 4 euros de plus qu’en 2016. Le prix médian d’une chambre seule représente ainsi 112 % des revenus moyens d’un foyer de retraités (CNSA).
• Lors de la présentation de son « Plan Grand âge et autonomie », la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a annoncé que 15 millions d’euros seraient alloués en 2018 pour le financement de plans de prévention en EHPAD, pilotés par les Agences régionales de santé. Ces moyens seront portés à 30 millions d’euros à partir de 2019 et financés par l’assurance maladie.

EHPAD ‘BASHING’ ?

Entre les grèves des personnels soignants et les reportages tels que « Pièces à conviction », l’EHPAD ‘BASHING’ est particulièrement à la mode, comme un reflet de notre société à refuser de voir son vieillissement en face.

Si tout n’est pas parfait au sein des établissements, les médias ont, au cours de l’année 2018, privilégié une logique essentiellement critique en occultant (souvent) de voir les actions positives qui y sont menées. Les EHPAD sont des lieux de fin de vie où chaque situation est complexe. Si comme dans tout secteur il faut des gardes-fous à « l’EHPAD Marketing », l’EHPAD ‘Bashing’ doit laisser place à une logique plus analytique et critique, plutôt que d’être dans le simple rejet.

Plus de transparence dans les EHPAD

Parmi les nouvelles obligations imposées aux EHPAD par la loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement :

  • L’obligation de conclure un Cpom (Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens), durant 5 ans, avec le président du Conseil Départemental et le directeur général de l’Agence Régionale de Santé.
  • Un socle de prestations afin d’assurer une meilleure transparence des prix pratiqués et permettre leur comparaison. Un décret a par ailleurs fixé la liste des prestations minimales que tous les établissements doivent inclure dans leur tarif hébergement de base.
  • La transmission à la CNSA des informations relatives à la capacité d’hébergement de l’EHPAD, au prix du socle de prestations et aux tarifs afférents à la dépendance.
  • De nouvelles sanctions administratives ont également été introduites.

EHPAD 2.0 et reconnaissance à l’international

Les EHPAD sont devenus de véritables « tubes à essais » et territoires pilotes pour les nouvelles technologies. Fleurissent ainsi des initiatives faisant des établissements de vrais « EHPAD 2.0 », à l’instar des nouveaux systèmes de supervision des chambres et autres sols intelligents.

Le savoir-faire gérontologique et gériatrique français est reconnu à l’international et les leaders nationaux, anticipant la stagnation du marché français, deviennent des acteurs majeurs sur les scènes européennes et mondiales.

Les opérateurs historiques œuvrant dans le champ des maisons de retraite deviennent de plus en plus des opérateurs de l’accompagnement des seniors au sens large. Diversification de leurs activités, croissance externe, ils se dirigent vers les Résidences Services Seniors ou acquièrent des sociétés de services à la personne afin de proposer une dynamique de continuum du service hébergement.

Les résidences services

À mi-chemin entre le maintien à domicile et l’EHPAD se trouvent les résidences services seniors. Destinés à un public de seniors autonomes et dynamiques qui ne veulent plus vivre seuls, ces ensembles de logements privatifs sont associés à des services collectifs. Les résidents ont la possibilité d’être locataires ou propriétaires.

Rester indépendant au sein d’une communauté

Les résidences services seniors sont conçues pour des personnes âgées autonomes seules ou en couple qui ne peuvent, ou ne veulent plus, vivre à leur domicile. Elles ne sont généralement pas médicalisées mais sont équipées de divers dispositifs, par exemple, pour la prévention des chutes et disposent, le plus souvent, d’un service d’accueil, ainsi que d’un dispositif d’appel d’urgence.

La vie dans une résidence services offre certains avantages, comme continuer à vivre de manière indépendante, bénéficier d’un environnement plus sécurisé (conciergerie, gardiennage, domotique) ou encore utiliser des services collectifs (restauration, ménage, animations…). Les résidences services sont pensées pour que les résidents se rencontrent, se fréquentent et créent entre eux des liens sociaux, notamment grâce à des espaces communs.

On distingue 2 types de résidences services seniors

Les résidences de première génération : réservées aux seniors actifs à l’origine, plutôt locataires que propriétaires, elles ne distinguent pas les charges de copropriété et les charges de services.

Les résidences de deuxième génération : adaptées aux seniors actifs mais également aux seniors fragilisés, elles développent une offre plus flexible (services communs, services « à la carte », distinction tarifaire entre le loyer, les charges et les services annexes…). Dans les résidences seniors de « nouvelle génération », on distingue 3 types d’acteurs :

  • L’investisseur : un particulier qui bénéficie de dispositifs de défiscalisation (LMNP, Censi-Bouvard ou loi Pinel), ou un investisseur institutionnel (caisse de retraite, mutuelle, SCPI, OPCI, Caisse des Dépôts et Consignations…). On parle de vente à la découpe dans le premier cas et de vente en bloc dans le second.
  • Le gestionnaire-exploitant : assure la gestion quotidienne de la résidence et assume le risque de vacance des logements. Il est engagé vis-à-vis de l’investisseur via un bail commercial dans lequel il accepte de reverser des loyers fixes pour une durée de 9 à 11 ans.
  • Le locataire : le senior. On compte seulement 2 à 3 % de propriétaires occupants.

Le coût est variable en fonction de la situation géographique, de la taille du logement et des services proposés. Le loyer mensuel moyen oscille entre 1 000 et 2 000€. La facturation mensuelle comprend le prix du loyer, fixé au prix du marché, les charges locatives, et le montant de l’abonnement de services auquel le résident a souscrit.

Repères
• On dénombre 728 résidences services seniors en France en 2018.
• En France seulement 0,3% des plus de 65 ans vivent en « résidences seniors » contre près de 4 % au Royaume-Uni et 7 % au Québec (Institut Montaigne, rapport 2014).
• Selon une enquête réalisée par l’Ifop, 61 % des seniors plébiscitent le fait de pouvoir continuer à vivre dans un appartement individuel, 44 % les services à la carte comme la préparation des repas ou l’aide au ménage, et 11 % les activités de loisirs qui y sont proposées.

Les solutions alternatives

Outre le maintien à domicile et l’hébergement collectif en résidences services seniors ou en EHPAD, il existe de nombreuses alternatives de logements pour les seniors.

La colocation

L’habitat intergénérationnel

Le principe est simple : une personne âgée propose la location d’une partie de son logement à un étudiant par exemple. Ce mode de vie a l’avantage de favoriser les 2 parties : le senior bénéficie d’une rente mensuelle et d’une compagnie quotidienne, alors que l’étudiant peut être logé à moindre coût. Ce mode de vie a également l’avantage de créer d’autres liens que les liens familiaux, de favoriser la mixité sociale et la solidarité intergénérationnelle.

L’habitat regroupé

La colocation entre seniors se positionne comme une solution contre la solitude, l’isolement ou encore la précarité. Les personnes qui se tournent vers ces concepts cherchent à « éviter la maison de retraite », à s’offrir une vie sociale plus épanouie, à échanger autour des problématiques de chacun, à ne pas être « un poids » pour leurs enfants, à détenir plus de pouvoir d’achat grâce au partage des frais…

Sur le même schéma que la cohabitation entre seniors, la copropriété associative permet aux personnes âgées de vivre dans le même immeuble, mais chacune chez elle. Les retraités construisent ainsi leur immeuble adapté à la perte d’autonomie et au handicap (ascenseur, larges couloirs pour les fauteuils roulants…) mais conservent leur indépendance.

Les résidences autonomie

La loi ASV a donné un second souffle aux foyers-logements en les renommant « résidences autonomie », en renforçant leur rôle dans l’offre d’habitat intermédiaire et en valorisant leur mission de prévention de la perte d’autonomie.

Les résidences autonomie sont des établissements qui proposent des logements adaptés au vieillissement sans incapacité (GIR 5 ou 6). Destinées aux personnes âgées autonomes, ces structures ne sont pas médicalisées et n’assurent donc pas de soin en interne. Les résidents y louent des appartements vides, de la taille de leur choix et peuvent bénéficier de services facultatifs : restauration, infirmerie, blanchissage, permanence nocturne…

Les résidences autonomie sont gérées par des collectivités locales, des associations à but non lucratif, des caisses de retraite… Elles sont habilitées à héberger des personnes bénéficiant de l’aide sociale ; le montant du loyer y est donc modéré et dépend au cas par cas de la redevance, des charges, des frais obligatoires et des frais facultatifs.

Les MARPA

Les Maisons d’Accueil Rurales pour Personnes Agées (MARPA) sont des unités de vie implantées en milieu rural. Imaginées par la Mutualité Sociale Agricole au milieu des années 1980, elles permettaient à l’origine de trouver une maison de retraite proche de chez soi, afin de ne pas être contraint de « s’expatrier » en ville. Aujourd’hui, les MARPA proposent à leurs résidents un logement privatif ainsi que des espaces de vie collective. Elles sont gérées par des associations but non lucratif ou par des collectivités locales, aidées par une équipe d’aidants professionnels.

Les MARPA accueillent aussi bien des personnes valides que des personnes dépendantes. Ces dernières sont étroitement associées à la vie matérielle de la communauté pour prolonger leur autonomie.

Les béguinages

Développés à partir du 13ème siècle dans le nord de l’Europe, les béguinages abritaient autrefois des communautés religieuses de femmes, les béguines, qui logeaient dans des maisons et utilisaient des services communs (boulangerie, lingerie, jardinage, culte…). Aujourd’hui, d’anciens béguinages ont été rénovés pour proposer aux personnes âgées aux revenus modestes des logements adaptés. Ils sont majoritairement situés dans le nord de l’Europe (France et Pays-Bas) et sont en général gérés par des bailleurs sociaux.

Les villages seniors

Importé des États-Unis, le concept se rapproche du village de vacances pour retraités à la recherche d’un environnement sécurisé et verdoyant (site clos et gardienné, espaces verts…).

Il offre généralement des équipements de loisirs (piscine, courts de tennis…) dans une localisation ensoleillée, le plus souvent à proximité de la mer. Destiné aux jeunes seniors actifs et autonomes qui cherchent à se regrouper, il ne propose que peu de services communs et les résidents sont majoritairement propriétaires de leur logement, souvent en maison.

Les familles d’accueil

L’accueil familial est proposé par des accueillants familiaux agréés par les conseils départementaux qui reçoivent des personnes âgées chez eux et leur font partager leur vie de famille, moyennant rémunération. Les familles d’accueil proposent aux personnes hébergées un accompagnement ponctuel ou sur le long terme. Il s’agit, par exemple, d’une solution pour donner périodiquement du temps de répit aux proches.

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